Vous n’avez pas assisté à l’AG Triodos de ce vendredi 29 mai ? Vous pouvez revoir l’enregistrement en cliquant ici et y trouver les interventions de notre avocat (merci à lui, parce que franchement, il fallait tenir le coup !). Lequel n’est point resté coi. On verra sa première intervention à l’heure 01.56.05 dans le webcast.
J’ai suivi la réunion pour vous : départ à 14.00, fin à 18.30… Innovation cette année, parce que d’autres compagnies font pareil : plus de traduction directe en espagnol, français et allemand. Seulement de l’anglais, avec sous-titres générés par IA, autant dire que c’était très discontinu. Avez-vous en effet déjà tenté de suivre des sous-titres en même temps qu’ils s’écrivent le long de l’écran ? Au cinéma, ils apparaissent en bloc. Ici, c’est bonsoir, sans compter qu’ils étaient calibrés sur le bord gauche de l’écran, lequel était occulté par une mention « En direct ». Et que parfois, ça ne voulait strictement rien dire. Mieux, pendant +/- une heure, les sous-titres espagnols et français ont été désactivés. Moi je dis « Bravo ! ».
En attendant, voici quelques réflexions :
– La banque est (évidemment) revenue sur l’ancien système de cotation qui avait atteint ses limites en 2020. Il m’est revenu la réflexion suivante : est-ce que cette limite n’a pas en réalité déjà été atteinte bien avant ? En effet, en poursuivant le système jusqu’à une cotation de 84 € soit largement au-dessus des estimations faites par les experts en 2021 / 2022 et confirmé à la baisse par le cours de bourse actuel, la banque n’a-t-elle pas, artificiellement et très opportunément vendu un produit largement plus cher qu’à sa valeur réelle pour lui permettre d’engranger des fonds alors qu’elle pouvait déjà savoir que le système n’était pas ou plus en phase avec la réalité ? Car d’autres se sont posé la question. Alors que j’étais encore agent délégué, j’ai pu entendre certains employés qui, connaissant les valorisations bancaires en bourse, ne comprenaient pas comment la banque arrivait à tenir ses valorisations “comptables”. Ceux-là refusaient carrément, autant que possible, de vendre des certificats. Sans doute aurais-je dû prendre parti, mais chez Ligne Bleue, le mot confiance ne s’épouse pas à la légère.
– A l’heure 00.59.30 du webcast, on peut voir le directeur financier se prévaloir du succès d’Euronext. Il est rappelé qu’une évaluation du système Captin a été entamée 5 mois et 15 jours après le lancement du 5 juillet 2023. Or, aucune évaluation n’a jusqu’à présent été faite par rapport à Euronext depuis le 18 juin 2025. Et pour cause, selon nous. Signalons avant d’aller plus loin qu’à l’heure 1.00.15, Triodos montre que le passage Captin – Euronext indique une augmentation des volumes d’échanges de… 650 % ! Ces gars-là peuvent se présenter en politique, parce que d’abord ils comparent la moyenne sur Captin avec le point haut d’échanges sur Euronext, mais surtout ils comparent des pommes et des salsifis ! Car ce n’est pas par rapport à Captin que le succès doit se mesurer mais par rapport aux entreprises du même secteur, cotée sur la même plateforme ! Ce dont ils se gardent bien. D’ailleurs, aucun graphique ne montre l’évolution du cours de l’action TRIO. Ce qui nous fait dire que le manque de perspective et d’analyse de la situation sur Euronext est parfaitement volontaire : on ouvre les yeux là où c’est utile, à savoir sur Captin puisque tout le monde sait que cette “solution” MTF ne pouvait être que transitoire. Et on regarde ailleurs quand il s’agit d’Euronext, là où l’on a décidé de prendre pension depuis belle lurette ! Ils n’ont peur de rien.
– Au moment 01.00.25, un graphique donne des chiffres intéressants qui pourront sans doute rassurer certains détenteurs. A mi- 2025, 55 % des détenteurs détenaient toujours leurs titres à la banque. Un an plus tard, ils ne sont plus que 40 %. La grande migration espérée par la banque n’a donc pas eu lieu, mais vu les moyens mis en place et très certainement le découragement de plus en plus de détenteurs qui vendent, il est certain que ce chiffre ne se stabilisera pas. Nous avons d’ailleurs appris que Triodos compte mettre en place une tarification pour le transfert des titres à partir du mois d’août, semble-t-il. Même s’il ne s’agit pas de droits de garde, nul doute que cela encouragera les uns et les autres à prendre leurs cliques et leurs claques pour trouver refuge ailleurs. Que ce soit un incitant direct à la vente importe peu pour la banque. En effet, il ne faut pas être grand clerc pour deviner que lorsqu’on ne voit pas ou plus ses titres, l’envie d’y toucher est plus faible que lorsqu’ils sont exposés à vue. réfléchissez un peu : quel sera l’impact d’un transfert fortement suggéré auprès de client qui n’ont absolument aucune envoie de gérer un portefeuille titre dans lequel il n’y aura que des certificats. Et pour peu qu’ils soient déposés dans une banque classique, celle-ci leur comptera des frais qui chaque fois qu’ils seront déduits du compte à vue rappellerons à l’investisseur potache qu’il faudra bien faire quelque chose avec ces titres. Comme disaient les Inconnus : “Tout ça ne nous regarde pas…”. Au fait, avez-vous noté que si 45 % des détenteurs étaient sur Captin en 2025, ils ne sont déjà plus que 31 % maintenant. J’en connais qui doivent bien rire…
– À propos du cours bas, la banque s’en défend parce que la valorisation est déterminée par le marché. Bref, le prix cassé, ce n’est pas de notre faute, les gars. Ha bon ? Et qui c’est qui nous a conduit dans l’arène à Francis (Cabrel) ? Léon et sa papamobile, peut-être ? Il y a mieux, parce qu’ils disent qu’ils ont été déçus par les volumes sur le MTF. Déjà, c’était largement prévisible à l’époque, vu la machine : quand on prend un slip sous-dimensionné, on ne se plaint pas d’avoir mal au ventre. J’ai déjà précisé que l’excuse est largement bidon, Captin n’ayant été dès le départ qu’une passerelle pour aller sur Euronext. Mais ce qu’il est intéressant de noter, c’est que Triodos a toujours clamé que son but était de restaurer un système d’échange ! Dès lors qu’on dispose d’un outil, peu importe qu’il y en ait ou non, des échanges. Soyons logiques : les détenteurs utilisent ou non le système, c’est leur choix. Bien sûr, un volume d’échange élevé signifie un attrait pour un titre. Mais pas spécialement une poussée du cours vers le haut, preuve à l’appui avec Euronext. Du coup, s’il n’y a pas d’échanges, ce n’est pas uniquement parce que le cours est bas ! C’est aussi parce que plein de gens n’ont pas vendu et n’ont pas envie de le faire, voire ne s’en préoccupent pas. La preuve : si j’ai bien retenu les chiffres, suivant les pays, entre 8 et 14 % des détenteurs n’ont pas donné suite à l’offre et ne sont pas non plus dans une action en justice ! Ils ont tout bêtement laissé l’offre à 10 € de côté, sans rien faire d’autre. Et c’est là que Triodos, en canon avec la SCTB, se rengorge en clamant être très satisfaite des 82,4 % d’acceptation. Sérieux ? Ils veulent vraiment faire croire que tous ceux qui ont dit oui, l’ont fait en connaissance de cause et en supposant qu’ils avaient un autre choix viables ? Hé ! C’était ça ou la justice. Et on sait ce que ça veut dire. Tout le monde n’a pas la chance de connaître le Trioforum (une page de publicité). Conclusion : si les volumes d’échanges sont petits, c’est au final comme dans l’ancien système. Alors, si c’est pour arriver au même point, mais avec un cours raboté de 2/3, pourquoi avoir changé ? À qui profite le crime ?
– Quand il s’agit d’évoquer le dividende, on apprend texto que par devoir envers ses actionnaires, la banque se concentre sur l’augmentation du Return on Equity (RoE) et du dividende ! Ha bon ? Belle mentalité capitaliste et aveu du changement opéré ! Évidemment, à partir du moment où ils sont côtés sur une bourse, ils ne peuvent pas faire autrement. C’est surtout oublier que cette course vers le haut et à l’augmentation du dividende n’a jamais été demandée par les détenteurs historiques qui ont acheté le titre pour soutenir la croissance de l’institution, pas pour faire du fric pour lui-même. Au contraire, les actionnaires acceptaient un dividende moindre pour galvaniser le projet. Maintenant, ils veulent nous faire croire que c’est bon pour nous mais en réalité, les mains dans la m… , ils ne peuvent rien faire d’autre que de suivre le mouvement. Dans cet esprit, ils augmentent les salaires en fonction de la moyenne des compagnies listées en bourse, avec moult références légales pour dire qu’ils sont été obligés de le faire, les pauvres. Une fois encore, en oubliant que si c’est pour prendre une référence, ils prennent celle qui leur plait. Rappelons qu’entre le 18/06/25 et début mai 26, la différence de cours entre l’action Triodos et l’indice des 600 banques européennes est de 58 %. Et pas en votre faveur. Mais ils montent leurs chèques ? Et des crétins ont voté pour ça (à plus de 90 %) ? Maman, comme tu avais raison : j’aurais du faire banquier…
– Tenons le mot de la fin pour la bonne bouche. Notre ami Kees van Kalveen avec qui nous avons tenu médiation pendant quatre mois entre novembre 25 et février 26 dit à Maître Arnauts qu’il serait heureux de pouvoir discuter plus avant avec lui à propos de Triodos !
Si certains sont nus et culottés, d’autres ne sont ni à plumes, ni à…
Bernard Poncé