J’hésite…

De nombreuses personnes rejoignent notre action collective entamée avec Maître Arnauts et j’en suis évidemment heureux. Il semble par contre que certains détenteurs hésitent encore à faire le pas. On me pose assez régulièrement des questions comme : “ Combien va coûter cette action ? ; Allons-nous gagner quelque chose ? ; Allons-nous devoir verser d’autres provisions ? ; Cela prendra-t-il du temps ? ; Quelles sont nos chances de réussite ? ; Etc.

Je n’ai pas de réponses toutes faites, même si j’en donne dans les FAQ régulièrement actualisées. Je peux seulement dire que, sur base du dossier présenté et en respect de la déontologie de la profession, Mtre Arnauts a estimé qu’une action pouvait être tentée. Le reste dépend de facteurs encore inconnus. Je comprends que cette vérité ne soit pas satisfaisante, mais je ne vais pas supplier ceux qui hésitent. C’est leur droit, c’est leur choix, c’est leur argent.

Ceci étant, nous sommes déjà suffisamment nombreux pour intenter notre action en justice. Un plus grand nombre va bien sûr alléger la facture pour tous, mais ne donnera pas plus de poids à nos rapports, études et conclusions. Je me doute bien que dans l’esprit de nombreuses personnes, un grand groupe confortera leur souhait de nous rejoindre. Elles se diront sans doute qu’il y a là un moyen de pression plus fort. C’est peut-être vrai, même s’ils se font des illusions sur le rapport qu’entretient la banque avec ses clients. Rappelons qu’il y a 750.000 clients Triodos, dont 43.000 détenteurs de certificats, dont 7.500 en Belgique. Par son choix d’aller sur Captin puis Euronext, la banque a décidé sciemment de sacrifier ces 43.000. Elle sait que seule une fraction parmi eux va réellement prendre ses cliques et ses claques par dépit. Le calcul pragmatique est vite fait et pour ma part, je sais où se trouve le dindon qui pense qu’il est réellement important. C’est pourquoi je n’ai pas fondé mon action sur le nombre, mais sur la qualité du dossier présenté.

Bref, nous accueillerons volontiers de nouveaux candidats jusqu’au moment où ce ne sera plus possible, et nous continuerons le lobbying tant que nous n’aurons pas obtenu satisfaction. Mais nous n’allons pas conditionner notre action à l’indécision de ceux qui hésitent à s’engager pour diverses raisons : petit ou grand nombre de certificats ; sentiment d’être floué, mais… ; manque d’appétence envers la justice ; pas envie de payer alors qu’on perd déjà de l’argent ; etc. Tout cela est vrai. À ceux-là, je pose la question de savoir s’il n’y a pas d’abord une question de principe à défendre son droit, et certainement lorsqu’on se place sur le plan de l’éthique ? Bien sûr, au niveau financier, on est dans un situation totalement injuste, créée par la banque, ne l’oublions pas !

Malheureusement, suivant le droit belge, il faut faire appel à un avocat pour défendre son bien, même lorsqu’on n’est manifestement pas en tort. Bienvenue en Belgilande. Je ne puis qu’inviter tout qui ne serait pas de nos rangs à voir les deux plateaux de la balance. D’un côté, la banque Triodos qui vous invite au dialogue et à la discussion, et un cours de +/- 30 €. De l’autre, une action déjà en cours pour obtenir une indemnisation et qui est entrée dans sa phase d’action. À cet effet, permettez-moi de rappeler quand même qu’un avocat spécialisé, ça coûte cher, même si le cabinet SQ-Watt Legal pratique un tarif réduit à notre avantage. Mais surtout, il me semble utile de préciser qu’en intégrant notre action collective, vous profitez non seulement d’une réduction des coûts, mais aussi de toutes les innombrables actions, informations et gestions apportés gracieusement par notre association.

Bref, ce que je veux dire et vous l’aurez compris, c’est que lorsqu’on paie une provision pour rejoindre l’action collective, on ne paie pas juste pour les services d’un avocat. Non, on a en plus la chance d’avoir une structure inexistante ailleurs et qui n’a rien de naturel ou d’obligé. Cette chance-là, c’est à vous de voir si vous avez envie de la saisir…

Bernard Poncé, animateur.