Faut-il vendre ses certificats ? Faut-il en acheter ?

En juin 2025, j’ai écrit un article abordant la question de la vente potentielle de certificats, ainsi que celle de l’achat. Je viens de me relire et, – vous allez me trouver pédant -, mais je n’ai pas dit trop d’imbécilités. C’est la raison pour laquelle je vous renvoie d’abord à ces articles :

Faut-il vendre ses certificats sur Euronext ?

Faut-il acheter des certificats Triodos en bourse d’Amsterdam ?

Car malheureusement, le contenu est toujours d’actualité, et même plus que jamais. Je fais donc ici une actualisation qui tient compte de quasi un an de cours Euronext, avec toutes les précautions d’usage lors de pareil exercice (voir disclaimer).

IMPORTANT : La vente ou l’achat de titres n’a pas d’influence sur vos droits en justice. En cas de vente, reportez-vous à notre article spécifique pour télécharger le document à envoyer à la banque et le mail à envoyer à notre avocat.

Vendre ?

Du point de vue d’un  détenteur historique, ce qui est le mien (la précision est importante), les raisons de vendre sont plus fortes aujourd’hui qu’hier.

Tout d’abord parce que dans ses développement avec notre association, la banque a montré toute l’étendue de sa mauvaise foi. Après un long chemin de réflexion baigné d’un pragmatisme très batave, notre discours s’est donc adapté à la réalité de terrain : arrêtons de supporter par nos investissements, même mineurs, une institution qui certes fait du bien dans ses principes, mais qui est menée par un management peu apprécié qui n’hésite pas à prendre les bonnes intentions des clients en otage. Bref, il existe en Belgique d’autres possibilités de placements durables, j’en sais quelque chose. Et soyons clair, la banque résistera au départ de 1.000 clients (mécontents)… sur 750.000 (absolument heureux) !  

Ensuite, parce que le cours est anémique depuis mi-octobre 2025. Il oscille entre 28 et 30 €, avec néanmoins depuis début 2026 une tendance marquée à la baisse, malgré les efforts manifestes d’un teneur de marché qui joue les Saint-bernards. Pour combien de temps encore, la question reste en suspend. Celle que doivent se poser par contre les détenteurs et investisseurs, sur un plan purement financier, c’est de savoir jusqu’à quand ils devront attendre pour voir le cours se ragaillardir ? La banque vous dira qu’à long terme, le cours se stabilisera. Les conseilleurs sont ici d’autant moins les payeurs que le cours est déjà vachement stable, si vous voulez mon avis. Et vu son passif, ce n’est pas Triodos qui fera quelque chose de vraiment utile pour le booster…

Rester, persévérer, durer ?

On peut exprimer la chose autrement : n’auriez-vous pas intérêt à sortir de Triodos et acheter autre chose (de durable), pour obtenir un meilleur rendement ? Ce n’est pas péché que de demander, c’est au contraire une saine réflexion d’un gestionnaire familial. Certes, en bourse, la patience est une vertu et investir à risque est un acte à long terme. Mais à voir le cours gentiment diminuer, on est en droit de se demander si, comme une lame de fond, un mouvement de vente n’est pas en train de se confirmer, lassitude aidant. En effet, plus de 82 % des détenteurs ont signé l’accord à 10 €. Ils attendent donc un réveil qui ne vient pas, pas plus qu’un dividende plombé par leur propre souhait, il est vrai. De plus, (in)directement, la banque les presse de passer vers un compte-titres indépendant. Or, ce ne sont pas, pour beaucoup, des investisseurs acharnés. Combien n’auront que les titres Triodos sur leur nouveau compte ? Combien vont être tenté de se délester de ce truc qui rapporte peu, encombre leur gestion, et dont ils ont de toute façon été foncièrement déçus ? Bref, combien seront-ils ceux-là qui, au fil du temps, vont revendre leurs titres et laisser une place de plus en plus grande aux vrais investisseurs boursiers qui auront, eux, des yeux nettement plus affinés, des dents sûrement plus aiguisées et des oreilles plus attentives aux bruits du marché ? Et que la banque ne parviendra pas à allécher avec ses principes fondamentaux de durabilité qui ne cadrent pas avec l’esprit de marché. Y avez-vous pensé ? 

Pour ma part, je peux donc comprendre la tendance actuelle. Et pour tout dire, je vais la suivre, en partie du moins (1). Parce que je sais que le titre Triodos n’est plus un soutien direct à la banque et que je dois le considérer comme une action normale, spéculative. Et à ce titre-là, on est loin du compte. Le graphique publié dans mon article « Comprendre » le montre de manière très claire : depuis le début de la cotation Euronext, il y a 58 % de différence entre l’évolution du cours de l’indice des 600 plus grandes banques européennes et celui de Triodos. Alors, pourquoi conserver ? Pour passer le temps ? Pour donner sa chance au produit ? Si c’est ça, pourquoi ne pas acheter ?  

Acheter ?

Dans le cadre de mouvements en dents de scie, il est en effet possible de se faire du blé, n’ayant pas peur des mots. Sachant que ce mouvement est régulier car soutenu par un teneur de marché, attendre une phase de baisse pour revendre un peu plus haut est possible. Avec un cours d’achat à 27 et une vente à 28, on gagne 3 %. Pourquoi pas ? Et bien parce que pour 95 % d’entre ceux qui me lisent, l’exercice demande un suivi et un temps qu’ils n’ont pas. Sans compter l’inappétence naturelle à une spéculation de ce genre. Laquelle était la justification principale d’un achat de certificats Triodos, ne l’oublions pas. Alors, acheter aujourd’hui est quasiment un non-sens, pas franchement rentable, en plus.

L’avis des autres

Toutefois, je suis courtier en placements durables, pas gestionnaires de portefeuille ou de fortune, conseiller dans une institution bancaire ou devin. Je ne puis donc ici que faire part d’un sentiment certes basé sur une certaine expérience et des faits concrets, mais totalement personnel. Une opinion parallèle me semblait dès lors utile. En ce sens, je me suis tourné vers Copilot (IA) avec cette question de savoir quel était le consensus actuel parmi les conseillers financiers. Le résultat est téléchargeable en cliquant ici (uniquement en FR).

Force que de constater que les avis sont neutres à légèrement positifs, avec un nombre d’analyste très bas. Ce qui est assez normal, n’est pas Google qui veut. Mais les objectifs de cours à 12 mois se situent quand même entre 35 et 40 €. Soit une progression potentielle de +/- 40 %. Pas mal. Sauf que nul n’est prophète en son pays et que dans la foulée, j’ai posé la question de savoir quel était le consensus à un an au début de la cotation en juin 2025. Surprise : il y avait à ce moment plus de recommandations, et elles donnaient 35 à 36 € comme objectif de cours, avec un pic à plus de 45 € ! Seul WalletInvestor (2), qui n’est pas une source d’analystes humains, avait des prévisions automatiques déjà pessimistes mais étonnamment juste de 27 à 28 € !

Conclusion

Les prévisions actuelles sont aussi fiables que les prévisions d’hier, c’est à dire qu’elles ne le sont pas. Et c’est bien normal. Les prédictions valent ce qu’elles valent, c’est-à-dire que celui qui a envie d’y trouver ce qu’il souhaite pour le rassurer y trouvera son compte, qu’elles soient optimistes ou pessimistes. En clair, faites-vous votre propre opinion. Relevez les éléments qui vous semblent pertinents et de bon sens, mettez le tout à votre sauce, vos désirs, vos frustrations et votre situation sociale, et prenez une décision. Ou pas.


(1) Je vais conserver une partie de mes titres sur mon compte-titres Triodos afin de pouvoir continuer à recevoir les informations nécessaires pour… vous informer !

(2) Je n’ai aucune idée de ce qu’est ce site, de sa fiabilité ou quoi que ce soit d’autre. Il ne s’agit pas ici de donner un conseil vers des gens avec qui je n’ai strictement aucun lien et dont je ne connais pas la pertinence. Je relate juste ce que l’IA m’a indiqué.

Disclaimer : Le présent article n’est pas donné à titre personnel, n’est pas un conseil en placement et ne vise pas à placer de l’argent dans un fonds spécifique. Cette démarche doit être faite avec votre courtier qui prendra les mesures opportunes pour déterminer, si ce n’est déjà fait, votre profil d’investisseur et vérifier avec vous le placement le plus adéquat par rapport à votre situation. Lisez toujours les documentations officielles publiées par les assureurs et disponibles en suivant les liens proposés ou les documents en téléchargement.