L’exposé du président de la SAAT était – spectaculairement même si non étonnamment – dénué de contenu, de même que ses réponses aux questions. Quelques aveux sont tout de même précieux. Nous les reprenons ci-dessous, avec en rouge ce qui a été entendu à l’AG Triodos du 23/10/24.
– Il regrette le manque d’information prodigué par la banque (sans préciser si ce manque vaut aussi à l’égard de la SAAT) ; Ce qu’il a refait, tout en ayant voté “pour” les points présentés.
– Il n’en prodigue pas lui-même spontanément (Powerpoint d’une feuille), ni en réponse aux questions (au contraire, il ne sait pas des choses élémentaires comme la date d’entrée en vigueur des modifications statutaires mises au vote…), ce qui semble indiquer que la SAAT n’a pas réellement exercé son rôle de garant ;
– Il a fait allusion à des problèmes financiers et à un blocage avec le régulateur belge (?), qui auraient rendu nécessaire une cotation ;
– Il a admis que le but a toujours été Euronext : «l’entrée en bourse était encore un pont trop loin, la banque n’était pas prête pour cela » ; Cela n’a pas été formellement avoués.
– Il connaît pas le coût de l’expérience Captin ; L’AG n’a rien dit sur ce sujet, mais on a évoqué le coût Euronext, avec des variables suivant les points de vue.
– Il ne connaît pas le prix d’introduction probable sur Euronext ;
– Il admet que des émissions d’actions font partie des objectifs ; Ce point a été fortement démenti. Il a été stipulé que l’émission de nouvelles actions ne faisait pas partie du programme de Triodos. Mais il faut constater que la mesure de réduction de la valeur nominale à 1 € a été présentée comme étant une manœuvre de précaution au cas où la banque devrait faire face à un gros imprévu ! En clair, accepter cette réduction, c’est donner blanc-seing au management pour une prochaine augmentation de capital (et donc de dilution de celui-ci) qu’elle aura beau jeu de justifier par des éléments imprévus (exactement comme en 2020).
– Il fait référence à l’anthroposophie comme une opportunité, sur laquelle il faudrait insister – soutenir la SAAT à l’AG revient à s’inscrire dans une démarche anthroposophique, qu’il faudrait reconsidérer en mettant des structures adéquates en place (à moins que l’objectif ne soit de permettre au mouvement anthroposophique de remettre la main sur la banque en tant qu’actionnaire de contrôle à moindre prix, au détriment des détenteurs actuels… ?) ; Cette intervention de l’anthroposophie dans le débat n’est évidemment pas venu à l’AG, mais n’en est pas moins symptomatique de la révélation d’un mouvement qui est quand même considéré comme sectaire dans notre pays.
De façon générale, se dégage l’image (et probablement la réalité) d’une grande incompétence et d’un manque d’engagement dans l’exercice des prérogatives de la SAAT – ce qui pose la question de sa responsabilité et de la rémunération de ses membres.